The Rocky Horror Picture Show

The Rocky Horror Picture Show
Un jeune couple tombe en panne une nuit d'orage alors qu'il se rende chez leur ancien professeur de fac. Afin d'appeler une dépanneuse, ils frappent à la porte d'un sombre château détenu par un étrange travesti scientifique, qui donne une réception pour présenter sa dernière invention, un homme idiot mais physiquement parfait. S'en suit une longue nuit de délire au cours de laquelle le couple va être mis à l'épreuve et découvrir la triste condition humaine...

L'adaptation ciné d'une comédie musicale culte des 70's. Un film incroyablement délirant, à l'esthétique kitsh et provoquante, un croisement entre série Z et comédie musicale, un hommage aux amoureux des talons ultra compensés et des chapeaux haut de forme genre cabaret des années 30... Une bande son magnifique et légendaire, composé de chansons dansantes aux textes souvent totalement ineptes. Un casting de folie avec entre autre Tim Curry en travesti survolté et Susan Sarandon en jeune vierge effarouché qui finit par chanter "je veux être une s****e" ! Un film grisant, innimitable, éternel ! Si je devais retenir une seule phrase pour résumer le film, je prendrai "Don't dream it, be it !". Je m'enflamme là mais je tiens quand même à dire que c'est réservé à ceux qui aiment les comdies musicales et les oeuvres complètement décalées. Pour les amateurs en tout cas ce film est absolument terrible !
# Posted on Sunday, 15 May 2005 at 12:28 PM

Blue Velvet (1986)

Blue Velvet (1986)
Un jeune étudiant de retour chez ses parents à cause de l'hospitalisation de son père, découvre dans un champ non loin de chez lui une oreille humaine qu'il s'empresse d'amener à la police. Il rencontre ensuite la fille de l'inspecteur à qui il a confié son étrange découverte, qui le met sur la piste d'une étrange chanteuse séquestrée par un terrifiant maniaque ultraviolent et paranoïaque ...

Deuxième David Lynch de la semaine, très différent de l'autre mais pas non plus si éloigné. Il s'agit ici d'un troublant voyage vers l'inconnu, un passage d'un monde passablement aseptisé à un autre beaucoup plus sombre, deux mondes pourtant étroitement liés puisque l'association des deux constitut notre monde. Tout ici est question de point de vue : de loin, la plupars des choses nous paraissent belles ou encore anodines, et il suffit de zoomer pour découvrir ce qui se cache derrière cette beauté, à savoir ce qui nous dégoute ou nous fait peur. C'est sur cette opposition entre le clair et l'obscur, le bien et le malsain, que Lynch fait reposer son film : opposition entre le bleu sombre du velour et celui du ciel, entre l'oreille en décomposition et l'oreille du héros... Mais au lieu de rendre cette opposition hermétique et manichéenne, David Lynch fait preuve d'une finesse extrême et relie ces deux aspects du monde avec beaucoup de vérité. Ainsi le héros au cour d'une nuit d'amour avec la chanteuse (la merveilleuse Isabella Rossellini) ne peut contenir la colère qu'elle lui inspire soudainement et la frappe... il y a beaucoup d'autres exemples et de symboles au cours du film (comme le rouge gorge symbole de l'amour, qui porte un ver de terre dans son bec). L'acteur Dennis Hopper, dans le rôle d'un dangereux psychopathe, est carrément flippant. La mise en scène est parfaite, et Lynch montre tout son talent en matière de photographie et de travail de l'image. Il filme une ville où les décors sont fictifs et ne cherchent pas le réalisme des situations (certaines sont d'ailleurs complètement absurdes, comme dans un rêve). Un film absolument merveilleux, étrange et envoûtant, qui aborde une quantité impressionante de sujets. Il y a encore plus à dire que pour Sailor Lula.
# Posted on Sunday, 15 May 2005 at 12:12 PM

Sailor et Lula (Le film cette fois) David Lynch (1990)

Sailor et Lula (Le film cette fois) David Lynch (1990)
Après avoir fracassé le crâne d'un tueur envoyé par la mère de sa copine Lula, Sailor est arrêter et emprisonner. Lorsqu'il ressort, Lula l'attend, lui rend sa veste en peau de serpent (symbole de "son individualité et de sa croyance en la liberté personnelle"), et tout les deux partent vers la Californie dans une superbe voiture américaine décapotable. Mais la mère de Lula ne voit toujours pas cet amour d'un très bon oeil et envoie un tueur ainsi que son petit ami détective sur les traces du jeune couple. Ces derniers affronteront beaucoup d'obstacles, mais leur amour plus fort que tout les sauvera de ce monde au "coeur sauvage".

David Lynch réalise ici l'une des histoires d'amour les plus déjantées du cinéma, un mélange entre le roman de Barry Gifford et le magicien d'Oz, sur fond de rock'n roll sauvage des années 80 et où les Nicolas Cage chante Love me tender sur le capot d'une bagnole sans que cela ne paraisse ridicule (bien au contraire, c'est génial !). Bref un cocktail explosif, une histoire d'amour flamboyante, jouée par des acteurs épatants (tous sans exeption sont incroyables) : Laura Dern est volcanique et Nicolas Cage colle parfaitement au personnage du roman. Le feu, symbole central du film, représente à la fois l'amour et la violence, qui sont étroitement liés : chacun de nous a un coeur qui brûle, un coeur sauvage, et c'est à nous de choisir la raison pour laquelle ce feu doit brûler. Sailor et Lula ont choisit l'amour, et le bohneur leur est offert à la fin, car ils y ont cru. La mère de Lula a choisit la haine et finit par être consumé sans avoir été vraiment heureuse. Tel est la morale de ce film selon moi, mais bon même si on pense que le fond du film importe peu, il est impossible d'affirmer que la forme ne vaut rien. Un film riche, complet, passionant sur lequel il y aurait 1000 fois plus à dire, mais bon je vais m'arrêter là.
# Posted on Sunday, 15 May 2005 at 11:41 AM

Locataires de Kim Ki-duk (2004)

Locataires de Kim Ki-duk (2004)
Un merveilleux film Coréen, qui me fait parfois penser à du Kitano par ses longues séquences sans dialogues (je suis sûr que ce n'est pas Kitano qui a inventé cela, mais je fais avec les références que j'ai, aussi limitées soit elles).
Un jeune Coréen à une manière assez particulière de vivre : il accroche des affiches publicitaires aux poignées de porte et il "squatte" les habitations où ces panneaus ne sont pas décrochés (ce qui signifie que les propriétaires sont absents). Au lieu de tout saccager, il respecte chaque habitation : il fait un peu de ménage, de lessive, arrose les plantes, répare les appareils en panne etc. C'est un homme effacé (on ne le voit jamais parler), polyvalent, et profondément humain. Un jour il rencontre une femme battue par son riche et macho de mari, et va l'initier à son étrange mode de vie. Une histoire d'amour va naître, et le couple rencontrera bien des obstacles avant de trouver l'harmonie finale...
Cette oeuvre aborde un nombre incroyable de thèmes comme l'amour, l'effacement de l'homme, la confrontation Occident/Asie (même si c'est à peine perceptible), la violence masculine.... et tout plein d'autres, ce serait trop long de tout citer. Pour résumer, on peut dire que ce film est d'une poésie incroyable, typiquement asiatique, et qu'on se laisse facilement emporté dans les aventures des deux personnages principaux qui s'aiment en silence et trouve un moyen surprenant de concilier leur amour et une vie à laquelle ils ne peuvent échapper (je laisse le suspens de la fin, qui est absolument magnifique).
# Posted on Thursday, 28 April 2005 at 5:17 AM

Eraserhead de David Lynch (1976)

Eraserhead de David Lynch (1976)
Ce film est absolument hallucinant. Lynch a mis 5 ans pour le terminer (c'est normal, il a quasiment tout fait dans cette oeuvre, et avec peu de moyens en plus). C'est une sorte de grande fable psychologique et philosophique sur le mal de vivre, la peur, la dépression... Mais peut être que là j'interprètes déjà beaucoup trop, car ce film semble pouvoir s'interpréter de la manière que l'on veut? Que reste-t-il alors si le fond, le message ne peut être totalement défini ??????? Il reste des images en noir et blanc extraordinaires grâce à un éclairage merveilleusement maîtrisé, une ambiance inimitable d'étrangeté, comme dans un rêve particulièrement tordu et mystérieux qui montre le monde intérieur d'un homme étouffé par les évènements ( la naissance d'un bébé monstrueux, des beaux parents complètement fêlés...), interprété par John Nance, un acteur incroyable. Un film qui n'a pas besoin de dialogues, où les images parlent d'elles même. Les effets spéciaux sont d'une inventivité difficilement égalable. Je suis tout à fait d'accord avec Chris qui parle de ce film beaucoup mieux que moi, et je donne son conseil pour apprécier ce film : se laisser entraîné par les images, ne pas chercher d'explications sur le moment. C'est du cinéma dans sa forme la plus pure. Incontournable.
# Posted on Thursday, 28 April 2005 at 5:03 AM